Le mois du mai va nous rejoindre dans quelques jours…

Et voilà un poème de Louis Aragon

pour tous mes amis qui aiment Aragon
mes amis du Maghreb et d’ailleurs
mes amis les jeunes révolutionnaires romantiques
plein d’amour et idéalisme
mes amis qui m’envoient de temps en temps
des rayons du soleil par leur commentaire
et aussi mes amis qui se taisent…
et cependant demeurent très proche



Le malheur d’aimer

Paroles: Louis Aragon. Musique: Jean Ferrat


Que sais-tu des plus simples choses
Les jours sont des soleils grimés
De quoi la nuit rêvent les roses
Tous les feux s’en vont en fumée
Que sais-tu du malheur d’aimer

Je t’ai cherchée au bout des chambres
Où la lampe était allumée
Nos pas n’y sonnaient pas ensemble
Ni nos bras sur nous refermés
Que sais-tu du malheur d’aimer

Je t’ai cherchée à la fenêtre
Les parcs en vain sont parfumés
Où peux-tu où peux-tu bien être
A quoi bon vivre au mois de mai
Que sais-tu du malheur d’aimer

Que sais-tu de la longue attente
Et ne vivre qu’à te nommer
Dieu toujours même et différente
Et de toi moi seul à blâmer
Que sais-tu du malheur d’aimer

Que je m’oublie et je demeure
Comme le rameur sans ramer
Sais-tu ce qu’il est long qu’on meure
A s’écouter se consumer
Connais-tu le malheur d’aimer